Quand homme et femme ne font plus qu’1
Au milieu des années 80, Helmut Lang parvient à vendre certaines de ses créations, et même à se faire un nom. Son coup d’œil, résolument androgyne, révolutionne le prêt-à-porter. Flirtant avec le succès dès sa première collection, il décide de décoller pour Paris en 1986, et d’y importer quelques uns de ses modèles. Là, il attire l’attention d’un agent, mais surtout parvient à s’accrocher aux rouages de la mode parisienne.
Soutenu corps et âme par son pays d’origine, Helmut Lang se fait remarquer lors d’une exposition au Centre Georges Pompidou en 1986. Son concept de vêtements asexués fait fureur, tant bien qu’il influencera même a posteriori un certain nombre de ses confrères.
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Un pas sur le chemin du bonheur
C’est en futuriste et minimaliste que Helmut Lang s’impose dès le début des années 90 sur les podiums de la mode. On reconnaît en lui la fraicheur de Jil Sander, et l’exigence de Giorgio Armani. Précurseur assumé, il fait défiler les hommes et les femmes ensemble, consacrant ainsi son thème chéri de l’ambiguïté.
Aux côtés des tailleurs stricts et fondus de sobriété, il présente des jeans sommairement recouverts d’une couche de peinture. S’amourachant du courant déconstructioniste, il se défait des conventions et crée un nouvel univers. Le viennois voue son travail à une élégance primitive, dénuée de toute exubérance luxueuse. Ainsi, à l’image de Rei Kawabuko, il adopte le noir et blanc et des traits rigides, voire même austères.
Du luxe sans paillettes
En 1993, contre toute attente, Helmut Lang accepte un poste de professeur de stylisme au sein de la fameuse Université des Arts Appliqués de Vienne. Désintéressé par l’aspect commercial de son entreprise, il la vend à Prada Group en 1999 afin de se concentrer sur la création.
En décembre 2004, la griffe Helmut Lang perd de son panache. Prada Group annonce qu’il n’y aura plus de défilés, et les boutiques que l’autrichien avait mis si longtemps à acquérir ferment les unes après les autres.
Deux ans plus tard, le label Helmut Lang ainsi que Jil Sander sont vendus à un japonais, l’entreprise Link Theory. Bien que les créations aient repris vie petit à petit, la griffe manque de ce qui faisait son charme à sa création, ce brin « d’autrement » cher à son créateur. En effet, même si l’administration a signifié à Helmut Lang qu’il aurait sa place dans les ateliers de création, celui-ci n’est jamais réapparu.
Distribué aujourd’hui principalement en Autriche et dans les pays frontaliers, la marque Helmut Lang dispose toujours d’un petit nombre de fidèles. L’esprit d’Helmut semble parfois réapparaître au détour de campagnes, comme celle très inspirée de l’an 2000, distribuée avec les journaux du National Geographic. Helmut Lang s’est fait une place dans la mode, là où personne ne s’était jamais aventuré









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