Aperçues aux pieds de Carry dans la série Sex & The City, les Michel Perry posent leur talon où personne n’a encore jamais osé.Né en 1952, Michel Perry n’est pas de ceux à se blottir dans le giron familial. Luxe, volupté, il grandit dans une atmosphère aisée où les belles toilettes et les dîners mondains vont de pair. Attiré très jeune par les festivités nocturnes, Michel Perry n’en est pas moins dédaigneux de la profession de son père. Styliste pour l’entreprise Bata, celui-ci consume une passion sans limite pour la chaussure, qui s’avère être totalement étrangère à son fils.
Des études en coup de vent
Michel s’imagine peintre. Entouré de parents aimants et généraux, il rentre en temps voulu au Beaux Arts de la ville de Mons, en Belgique. Décidé à voler de ses propres ailes, il s’anime d’un culte pour le dessin, et les palettes de couleurs vives. Mais son insouciance, et sa désinvolture joueront en sa défaveur. Renvoyé au bout de quelques mois pour indiscipline, Michel Perry rentre à contre cœur chez ses parents au cours de l’année 1970.
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Là, le jeune Michel n’a pas d’autre choix que de se soumettre à l’autorité paternelle. Introduit grâce aux relations de son père dans l’entreprise Bata, il s’initie à l’art de la chaussure, mais sans grande conviction. Malgré sa résistance, Michel Perry fini par maîtriser au bout de 6 mois les principes du métier de chausseur, et aide dans la production de marques italiennes.
Peintre de chaussures
Au fil des ans, Michel Perry se découvre un autre visage. Associant son goût de l’art à ses créations de chaussures, le jeune homme se fera bientôt remarquer au sein de l’entreprise Bata. Son goût pour l’extravagance et les cuirs colorés ne correspondra pas avec la politique de la société, c’est pourquoi on voit apparaître sur le marché en 1987 une marque, signée Michel Perry.
Pendant 3 ans, Michel Perry produit des lignes de ballerines, d’escarpins et de bottes dans un atelier parisien. Ses lignes, son amour du détail et des laçages le forcent bientôt à déménager et à ouvrir un magasin à son nom.
Rock & Réussite
A l’aube des années 90, tout le gratin parisien ne parle plus que de la boutique Michel Perry de la rue Turbigo. Entre coupes de champagne et soirées mondaines, le styliste ne cesse de fabriquer des modèles qui revendiquent une forte appartenance à l’univers rock. Dandy, romantique, Michel Perry commence alors à se perdre dans le tumulte de la vie parisienne.
De plus en plus absent de ses ateliers, et malgré l’ouverture d’une nouvelle boutique rue des Saint Pères, Michel Perry sombre dans une douce somnolence, entre consommation et excès. Accumulant les soirées de débauche, le créateur perd le sens des réalités.
Il faudra attendre 1998 pour que Michel Perry retrouve peu à peu une sérénité. Conservant malgré tout son côté démesuré, le quarantenaire décide d’intégrer les Beaux de Paris en 2000, et de finir ainsi sa formation laissée inachevée. La même année, il rachète le Château de Voulnay en Bougogne, et en fait un lieu d’exposition, en accord avec ses influences premières. Peintures et souliers se mélangent avec harmonie dans ce cadre on ne peut plus luxueux.
En 2003, Michel Perry regagne son costume de styliste et reprend les rennes de la création pour homme Weston. Endommagée par son image vieillissante, la griffe gagne en un clin d’œil des lignes de première fraîcheur, et augmente de 20% son chiffre d’affaires annuel.
Bon point pour Michel Perry, qui commence à dresser un bilan de ses réalisations. Avec plus de 12 000 paires de souliers vendues par an, et l’ouverture d’un écrin de luxe pour ses souliers au 243 rue Saint Honoré, l’homme peut se féliciter de ne s’être pas totalement laissé brûler ses ailes. Toujours autant apprécié des tapis rouges, Michel Perry laissera sans nul doute une marque électrique de son passage sur terre.













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