Irina Lazareanu
Publié par alexia Vendredi 14 Novembre 2008
Emigrée de Roumanie, celle qui se prédestine aujourd’hui du haut de ses talons aiguilles à une carrière sans faute de top modèle, n’a pas perdu son temps. Irina Lazareanu quitte à 13 ans son pays d’adoption, le Canada, et la maison familiale pour s’inscrire à des cours de danse à Londres. Avant tout passionnée de musique, elle écrit et compose ses propres chansons, ce qui l’amènera à fréquenter un rocker réputé, Peter Doherty. Celui que l’on connaît sous le surnom Pete est alors le compagnon d’une des modèles les plus irrésistibles de la planète, Kate Moss. Au fil du temps, les deux jeunes femmes seront amenées à se fréquenter jusqu’à devenir amies. La brindille, étoile des podiums, remarquera immédiatement le potentiel d’Irinia. C’est ainsi que la jeune roumaine se retrouva à 17 ans inscrite à l’agence de mannequin canadienne Giovanni, espérant que ses shoots lui payeront son loyer.
Une rockeuse qui s’envole vers le mannequinat
Ses photos lui rapporteront bien plus qu’une aide financière, elles lui tailleront une place auprès des plus grands couturiers. Mais dans un premier temps, elle tente d’imposer son visage mutin à un public qui est en admiration devant son exact contraire, Gisèle Bundchen. La blonde et la brune, aux caractères opposés, ont un argument commun qui joue en leur faveur, leur plastique.
Bien que présente auprès de plusieurs marques de luxe, Irina Lazareanu restera en retrait pendant quelques années. Celle qui dira « Je suis très inspirée par les années 60 / 70. Les rues de Londres, les vêtements mais aussi la musique, et les films que je regarde se transmettent certainement dans mon style de façon inconsciente » paraît introvertie, cachée derrière sa frange sixties. Son charisme ne se révélera qu’en 2005.
Pour un numéro exceptionnel, le magazine Vogue prête en décembre le rôle de rédactrice en chef à Kate Moss. Tour de magie, elle sort de chapeau non pas un lapin, mais une jeune roumaine au visage enfantin et à la moue boudeuse. Quelques coups de blush, une robe à poids, et la voilà shootée dans les pages d’un des magazines les plus prestigieux du monde de la mode.
Les appels téléphoniques ne se font pas attendre, photographes et publicitaires veulent adopter ce petit bout de rock. Le premier nom à se faire entendre : Karl Lagerfeld.
L’adoption d’un visage vintage
Les campagnes publicitaires, entre autres pour Balenciaga et Just Cavalli, les défilés, et les compliments se multiplient. Michelle McCool du Cosmopolitain soulignera « Irina a une rock & roll vibe en elle. Tout se joue dans ses cheveux et son corps sans forme. J’aime le fait qu’elle n’est pas de poitrine. » Souvent décrite comme une fille au look distinctif, Emmanuelle Alt de Vogue ajoute « Sur le podium, peut importe ce qu’elle porte, elle n’est jamais complètement transformée. Elle a un look et un style unique ».
Alexander McQueen, Anna Sui, Lanvin, Versace, son ascension touche les sommets du luxe. En contrat avec l’agence Marylin de New York, ainsi que la Model Management de Londres, Irina a encore été touché par la baguette de sa bonne fée en 2007. Styliste pour une collection limitée de Topshop, Kate Moss choisit son amie Irina Lazareanu comme visage pour la campagne de publicité.
Aujourd’hui muse des créateurs Nicolas Guesquière et Karl Lagerfeld, la jolie brune ne compte pas pour des prunes. Parfois compositrice pour Babyshamples, le groupe de Pete Doherty, chanteuse aux côtés de Sean Lennon, le fils du Beatle, Irina Lazareanu a su s’entourer pour grimper sous les sunlights.
Reconnaissante, elle a toujours pour une phrase pour ceux qui ont vu en elle la petite flamme de celle qui allait éblouir la planète. « Nicolas Guesquière est, avec Karl Lagerfeld, un de ceux qui m'ont donné ma chance à Paris. Il aime découvrir et n'attend pas l'avis des autres pour décider et avancer. »
Décembre 2007 est une date qui marque un tournant dans « l’affaire Irina ». Preuve que ses deux passions sont conciliables, la jeune hongroise a chanté lors d’une soirée Chanel accompagnée de Sean Lennon à la guitare les quatre premières chansons de leur album commun. Moralité, nos passions sont des lanternes qui éclairent la voie, non pas seulement du succès, mais avant tout de notre félicité. A bon entendeur…

