Steven Meisel
Publié par alexia Jeudi 13 Novembre 2008
Difficile de prétendre aujourd’hui ne jamais avoir aperçu le nom de Steven Meisel au bas d’un shooting de mode. Plus connu que le loup blanc, ce photographe né en 1954 au cœur de New York est très tôt attiré par l’image.
Enfance et passion
Enfant, il aime croquer des silhouettes de femmes dans les marges de ses cahiers. Intrigué par la grâce naturelle de ces créatures, il s’inspire dans un premier temps de sa mère et sa sœur. Au fil des années, il se découvre une véritable admiration pour l’écrivain Gloria Guinness et l’icône Barbara Cushing Mortimer Paley dite Babe Paley. Grand amateur de photographies issues des magazines Vogue et Harper’s Bazaar, il aime l’image de beauté que les femmes pulpeuses véhiculent à travers leur sourire délicat. Parfois, il demande même à ses amies de téléphoner pour lui aux agences de mannequins en se faisant passer pour une secrétaire du photographe Richard Avedon. De cette façon, Steven Meisel récupère des clichés des sirènes de la mode qui l’inspirent tant. L’année de ses 12 ans, ses yeux s’arrêtent au détour d’une page publicitaire sur le visage du mannequin Twiggy. Entouré de ses nombreuses esquisses, il prend alors conscience de sa fascination. Il travaillera dans la mode.
A la découverte d’un nouveau continent
Diplômé de l’école Art and Design, il poursuit son cursus à la Parsons School puis part à la conquête du monde. Dessinateur chez Roy Halston, il se fait remarquer par sa vivacité hors du commun. Passionné, il veut tout, tout de suite, et se décidera même à cumuler les emplois.
Décidé à rentrer en contact avec le milieu de la mode, il parvient à intervenir au sein du Woman’s Wear Daily. Très en vogue, le magazine est alors l’enclos des plus belles créatures que la terre ait semé. Ami des photographes, confident des mannequins, son carnet d’adresses explose en peu de temps.
Pour l'amour des femmes
Sa carrière prend un véritable tournant dans les années 80, lorsqu’il rendra une visite de courtoisie à l’une de ses amies inscrite à l’Agence Elite. Là, il fait la connaissance de deux jeunes femmes, dont la beauté redoutable fera chavirer le cœur du jeune garçon. Ce sera sans aucune formation préalable que Steven Meisel réalisera quelques clichés de ce duo à la fois diabolique et voluptueux. Les emmenant dans la rue, ou dans le hall de son immeuble, il réalise des images d’une qualité surprenante qui mettent en exergue son amour pour les femmes. Publiées par la suite dans le Seventeen magazine, il abandonne bientôt les feuilles de papier au profit d’un trépied et d’un objectif. Bientôt demandé par des magazines qu’il admirait encore avec ses yeux d’enfants quelques années auparavant, il se retrouve à faire des shootings pour le Vogue italien et américain, W, Soho Weekly News et Self magazine.
L’homme à l’œil d’or
Respecté pour son travail méticuleux et singulier, il gagne petit à petit le statut de référence dans le métier. Sans cesse en quête de nouveaux visages, Steven Meisel découvrira de nouveaux talents, en particulier Coco Rocha, Gemma Ward et Sasha Pivovarova. Propulsant les jeunes filles dans les rouages des campagnes Prada, il les rend en quelques flashs plus désirables que toutes les habituées des podiums. De cette façon, il joue avec les conventions, et redéfinit la beauté d’après ses propres critères. Fanatique du charisme que détiennent certaines femmes, il en fait une qualité première et efface au passage les traits traditionnels communément admis.
Steven Meisel insouciant?
Avant-gardiste, l’artiste n’a pas peur de défrayer la chronique lors de ses interventions. Ainsi, ses clichés liés au 11 septembre publiés dans le Vogue italien en septembre 2006, sont très controversés. Endossant des rôles de victimes, les mannequins sont photographiées dans un décor décharné frôlant le morbide. Pointé du doigt par les organisations féministes, Steven Meisel n’en fut pas pour autant ébranlé.
En effet, ses contrats avec les plus grandes marques du luxe ne font que s’amplifier. Versace, Valentino, Dolce & Gabbana, adoptent la tête brûlée de la photographie sans hésiter. Tel un roulement de tambour, on s’attend toujours à tout lorsqu’une œuvre de Steven Meisel nous est dévoilée. Surprenant, effronté, mais aussi profondément humain, Steven Meisel est un homme à part, qui bien qu’ayant grimpé dans les plus hautes sphères de la mode, suivra toujours son instinct. Et c’est ce qu’on admire en lui.



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