Américain d’origine, Terry Richardson voit le jour à New York en 1962. Très vite, sa vie devient un puits sans fond d’anxiétés, de cauchemars et d’incertitudes. Bien qu’entouré d’une famille aimante, le jeune homme est très vite diagnostiqué comme angoissé chronique, aux tendances schizophrène. La séparation de ses parents le précipite dans la drogue et le sexe, un environnement au sein duquel il percevra parfois « des voix » d’origine inconnue.
Comme un poisson dans l’eau
Incontrôlable, Terry Richardson ne suit aucune médication, au contraire, il se moque des médecins, et tombe amoureux de l’expression artistique, que lui ont inculqué sa mère styliste et son père photographe. Passion grandissante, la photographie régira bientôt le quotidien de l’adolescent, et ceci en particulier après vu l’exposition Teenage Lust de Larry Clark. Jeunesse débauchée, scènes morbides et lubriques, rien n’est voilé. Cette photographie sans retenue deviendra le mot d’ordre des œuvres de Richardson.
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Dérision d’une sombre réalité
Bien que soumis à de fréquentes crises d’angoisses, le jeune homme parvient à se faire un nom grâce à l’univers cru et parfois brutal qu’il immortalise. Sans espoir, sans lumière, mais bourrés d’humour, les clichés de Richardson font rires autant qu’ils dérangent.
Artiste jusqu’aux racines de l’âme, Terry Richardson monte sur scène dans les années 90 et accompagne à la guitare des groupes punk rock. S’affichant délibérément comme underground, l’américain associe ses concerts à des contrats avec des magazines de mode, parmi lesquels figurent le Harper’s Bazaar, Purple, puis le Vogue britannique.
Cet humour décalé fait de Richardson un photographe populaire, perçu comme branché par certains, et névrosé par d’autres. Les critiques nourrissant le CV du jeune homme, des clients Haute Couture tels que Gucci et Miu Miu, feront bientôt appel à l’artiste, qui publie en 1998 son premier opus Hystéric Glamour.
Des imperfections sublimées
C’est avec le nouveau millénaire que Terry Richardson atteint le statut de mythe, et révolutionne les a priori artistiques. Publiée en double page du magazine anglais The Face, sa campagne pour Yves Saint Laurent dévoile une mannequin allongée délicatement, exposant sans pudeur son corps, sur lequel règne une pilosité primitive. A l’heure où les poils sont presque un tabou, Terry Richardson dévoile un corps au naturel, sans effet de trompe l’œil.
Le photographe anti-photoshop souligne « J’aime les imperfections. Tout le monde en a, même les beaux. Nous sommes tellement nombreux sur terre : chaque peau, chaque poitrine, chaque sexe a une forme et une taille différente ». Une démarche qui s’oppose explicitement aux démarches de ses confrères, qui ne produisent pour la plupart que des images léchées, où les mannequins atteignent une perfection surréaliste.
Etincelant de gloire
Aujourd’hui exposé à Alleged, l’une des galeries alternatives de NYC, Terry Richardson a même profité de la campagne présidentielle de 2008 pout tirer le portrait de Barack Obama, élu président des Etats-Unis. A ses côtés, les figures de Pharell Williams, Karl Lagerfeld, Tom Ford ou encore l’actrice de films X, Jenna Jameson font partie de ses plus grands chefs d’œuvres.
Investigateur de la tendance porno chic, Terry Richardson s’inscrit dans une génération de photographes alternatifs, qui cherchent davantage à déstabiliser qu’à rassurer leur public. A ce sujet, l’artiste ne cesse de se vanter de sa myopie, qui lui sert d’outil de distanciation lors des shootings. « Prendre le sujet avec dérision est essentiel. Ma mère me disait toujours : tout ce que tu as à faire, c’est shooter d’abord, poser les questions ensuite ! ». Un géni aux créations aussi abruptes qu’efficaces.

























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