The Social Fashion Experience
Une marque de luxe est avant tout une belle marque. Et une belle marque a toujours une belle histoire, un passé qui fait de cette marque ce qu’elle est aujourd’hui, et surtout, ce qu’elle sera demain. C’est pourquoi, en introduction à cette semaine Cerruti, il me semble important de revenir aux fondements de la maison.
Derrière une belle marque, il y a toujours, aussi, une personnalité hors norme, animée d’une mission, d’une passion et d’une force sur lesquelles repose tout l’accomplissement d’une destinée. Dans le cas qui nous intéresse, cette personnalité se nomme Nino Cerruti. Lorsque ce descendant de tisserands italiens reprend l’entreprise familiale en 1950, il n’a que 20 ans et se destine au journalisme ; peu importe, sa vision et sa force de conviction vont rapidement faire de Lanificio Cerruti, l’usine de filage et de tissage de ses grands-parents située à Biella, une entreprise florissante.
Nino Cerruti est, aux dires de tous, un sacré personnage. Son élégance naturelle, son attirance pour les femmes, sa passion pour l’architecture et le design et, de façon générale, son goût pour l’invention, seront un véritable moteur tout au long de l’aventure Cerruti.
Il modernise le parc des machines, investit dans deux usines milanaises dédiées à la coupe et à la couture, ce qui lui permet de fournir de nombreuses enseignes de luxes en tissus.
Le succès est immédiat, et la petite usine de filage familiale devient une société leader du monde de la mode. Il recrute même le tout jeune Giorgio Armani, qui, plus tard, dessinera la ligne pour hommes Hitman.
En 1967, il se lance dans le prêt-à-porter de luxe avec une première collection masculine, proposant des « éléments de base [qui] sont toujours les mêmes bien qu’ils s’adaptent à chaque fois aux innovations du goût », et crée la marque que vous connaissez tous, « CERRUTI 1881 ».
La même année, Nino Cerruti ouvre une boutique rue Royale, place de la Madeleine, à Paris. La nouvelle adresse séduit bientôt une clientèle de plus en plus nombreuse, et, fait marquant pour la maison, commence à habiller les stars de cinéma. C’est le début d’une belle histoire avec le 7ème Art… Alors qu’il n’a pas encore lancé de ligne pour femmes, il signe les ensembles de Faye Dunaway dans le mythique Bonnie and Clyde. Béret basque, foulard en coton, pull court : une nouvelle mode est lancée.
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Les années 1970 sont celles de l’essor international, au Japon et aux Etats-Unis notamment, et cette ligne pour femme, Nino Cerruti ne tarde pas à la créer ; en 1976, le succès de la maison s’accompagne de la nouvelle ligne « CERRUTI 1881 Femme », qui revisite le vestiaire masculin pour un prêt-à-porter féminin de caractère. Suivront, dans les années 1980 et 1990, les lignes « Cerruti Sport » - Cerruti deviendra en quelques années le designer exclusif de l’équipe de Formule 1 Ferrari -, « Cerruti Brothers » et « Cerruti Jeans ».
En 1978, la maison lance son premier parfum masculin, « Nino Cerruti pour Homme », dont la descendance, « CERRUTI 1881 pour Homme » (1990) et « CERRUTI 1881 pour Femme » (1995) connaîtra le même écho.
Entre temps, la création Cerruti sera aussi récompensée à double reprise par le Cutty Sark Award, (1982 et 1988).
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Viennent les années 1990, et avec elles, les années Hollywood. Depuis le béret de Bonnie and Clyde, le couturier n’a eu de cesse de costumer le beau monde du cinéma ; Richard Gere et Julia Roberts dans Pretty Woman, Peter Coyote dans Lunes de fiel, Christophe Lambert, Philippe Noiret et Jean-Pierre Marielle dans Max et Jérémie, Mickael Douglas dans Basic Instincts, Scott Glenn dans Le silence des agneaux, Jeremy Irons dans Le Mystère von Bulow, ou encore Jack Nicholson, Daniel Auteuil… En tout, une cinquantaine de productions à gros budget, avec des acteurs habillés de pied en cap par la maison Cerruti.
Au fil des collections, le créateur fait évoluer sa griffe en faisant appel des designers de renom comme Narciso Rodriguez, Roberto Menichetti ou Istvan Francer ; cependant, loin de tomber dans la versatilité, le style Cerruti s’affirme en une « fidélité changeante de l’habit à qui le porte ».
En 1999, la griffe s’implante aux États-Unis sur Madison Avenue à New York puis en Asie en 2000 avec sa boutique de Hong Kong, suivie de Saint-Tropez, Antibes, Munich… pour devenir une des plus importantes marques de luxe au monde.
En 2000, Nino Cerruti décide de vendre à un groupe immobilier italien. S’en suit une période de déclin, mais l’histoire ne se termine pas là. En 2006, la maison est rachetée par le fond d’investissement américain Matlin Patterson, et en 2007 le créateur belge Jean-Paul Knott prend la direction artistique de l’ensemble des lignes de la griffe. Passionné par le travail sur les fils qui caractérise Cerruti, ce dernier s’attache à retravailler et moderniser les fondamentaux de la marque. Les affaires reprennent, avec l’ouverture d’une douzaine de boutiques dans le monde.
Depuis 2008, Florent Perrichon est le Président de la maison, signe d’un nouvel essor qui ne fait que commencer. L’aventure continue, avec « L’essence de Cerruti » sorti en cette année. Que nous réserve la suite ? 2009 nous le dira…
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