Yohji Yamamoto
Pays : Japon | Date de création : 1971
Anti-conformiste, épurée, minimaliste: voilà comment pourrait être décrit le style de Yohji Yamamoto, la marque japonaise la plus en vogue du moment. Par ses coupes asymétriques et futuristes, la griffe s’est faite précurseur d’un genre nouveau.
Depuis un défilé en 1981, on parle de style « Hiroshima » pour qualifier les créations de Yohji Yamamoto.
Après avoir baigné dans le monde du stylisme – sa mère est couturière au Japon – Yohji Yamamoto part faire ses armes à Paris, la capitale de la mode. C’est en 1971 qu’il créé sa marque éponyme avec comme ambition « d’habiller les clientes de sa mère ». Comme il le dira plus tard, il a toujours « voulu s’éloigner de la féminité appuyée et surlignée » en allant à contre-courant d’une mode extravagante. Pièces asexuées et épurées, les créations de Yohji Yamamoto ne tardent pas à faire parler d’elles.
Des cols suspendus, des volumes graphiques et surtout de la superposition
Ce n’est que six ans plus tard, en 1977, que la première collection de la marque est présentée à Tokyo. Robes bouffantes, cols larges ou suspendus, volumes graphiques, coupes disproportionnées, superpositions… La marque Yohji Yamamoto, déclinant le vestiaire masculin au féminin, est un succès !
Bien implantée au Japon, la marque débarque en Europe au début des années 80 en prenant part à la Fashion Week parisienne de 1981. L’année suivante, elle fait ses débuts sur les catwalks de New York. Pour Yohji Yamamoto, un défilé c’est une manifestation, une forme d’art total. Tout est orchestré, pour que « quelque chose se produise. Ou pas ! ». L’esthétique de ses défilés est proche du théâtre, dépouillée comme ses collections. Mais surtout pas austère, le maître refuse que l’on qualifie ainsi ses créations. D’ailleurs, Yohji essaie toujours de mettre une pointe d’ironie dans son travail, tant dans ses collections que lors de ses défilés.
Le précurseur d’un genre nouveau
Epurées, chics et asexuées, les lignes de Yohji Yamamoto s’inspirent à la fois de l’élégance de la mode à la française et du traditionalisme japonais. Avec son style minimaliste aux couleurs sobres – le noir est la couleur dominante de ses collections – et ses tissus vieillis, les défilés Yohji Yamamoto est un ovni des fashion week. La moitié des critiques considère les défilés Yamamoto comme une « explosion atomique » tant le choc stylistique et culturel est important. L’autre moitié l’estime précurseur d’un style nouveau.
Il faut dire qu’en apparence sage et lisse, la marque déploie son extravagance dans ses coupes asymétriques et structurées pour un résultat révolutionnaire voire futuriste. Les codes traditionnels de la mode sont revisités, Yohji Yamamoto créé un style nouveau. Avec son approche hors-norme du vêtement, Yohji Yamamoto souhaite avant tout créer des vêtements confortables pour les femmes. Cette ambition l’a conduit à inventer une nouvelle approche stylistique du corps humain. Depuis les années 80, le « Chic Hiroshima » comme on qualifie alors le style de Yamamoto est par cent fois copié, mais jamais égalé.
Les « White Box », les boîtes coutures de la griffe
La griffe ne cesse de grandir en notoriété, ce qui lui donne des ailes. En 1984, sa première collection pour homme est présentée à Paris. Pour l’homme, Yohji Yamamoto transgresse également les codes traditionnels faisant de la chemise blanche et du pantalon noir, l’uniforme des intellectuels et des musiciens, des pièces phares de ses collections.
Yohji Yamamoto bouleverse la mode à un tel point qu’en 2005, le musée de la Mode de Paris décide de lui rendre hommage en exposant les 90 modèles qui ont le plus bousculé et inversé les codes de l’élégance.
Depuis 2007, la maison Yohji Yamamoto se démarque – une fois encore – par ses remarquables « White Box », autrement dit ses flagships stores minimalistes, modernes et intimistes. Ces « boîtes coutures », se déployant sur plusieurs centaines de mètres carrés, sont installées à Paris, New York et Anvers. La dernière boutique en date est celle du 4 rue Cambon, tout près de la maison Chanel. Rien que ça !
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