Paolo Roversi
Pays : Italie
| Date de naissance : 25 septembre 1947
www.tomford.com/
Dans les grands noms de la photographie, je nomme, Paolo Roversi.
Né en 1947 en Italie, le jeune Paolo découvre ce qui deviendra une passion l’année de ses 17 ans. Suite à un voyage en Espagne organisé avec ses parents, il prend ses premiers quelques clichés, mais trouve le résultat décevant et décide de travailler sa technique. Utilisant de plus en plus souvent le Polaroïd familial, il se réalise au fil des mois un véritable petit album dévoilant ses proches dans leur quotidien. Amateur, oui, mais passionné. C'est ce qui fera toute la différence.
Photographier l'enterrement du poète Ezra Pound en 1970 a été le premier shooting professionnel de Paolo Roversi.
Lorsque des funérailles attirent un heureux évènement
Le photographe Nevio Natali habite non loin du domicile familial de Paolo Roversi. L’un et l’autre ne se connaissent pas, jusqu’à ce que l’homme croise dans sa rue un garçon en équilibre sur une barrière, en train de photographier sa mère par surprise. Ce sera dans le studio de Nevio Natali que le jeune italien recevra ses premières leçons de photographie. Nuances de couleurs, lumières, angles, ce long apprentissage débouchera sur une solide amitié. Décidé à se faire une place dans ce nouvel univers qui s’ouvre à lui, Paolo Roversi commence à partir de 1970 à collaborer avec l’agence américaine de presse Associated Press. Sa première mission est de photographier l’enterrement du poète avant-gardiste Ezra Pound à Venise. Débordants d’émotion, soignés et à la fois incisifs, ses clichés captent un instant tragique, et ceci dans un grand professionnalisme qui ne tardera pas à se faire remarquer.
Le talent reconnu
La même année, Paolo Roversi découvre les frasques des salons très vip. Son studio, transformé en portrait studio, brasse une foule hétéroclite, issue aussi bien des quartiers d’artistes que des villas avec piscine. Chacun veut encadrer un cliché de ce reporter de talent sur sa cheminée. Mais Paolo Roversi adopte une vision artistique de la photographie qui dépasse bien ce que sa clientèle attend de lui. Il déménage à Paris, à la recherche d’intimité et d’authenticité. C’est ainsi qu’il fera la rencontre de Lawrence Sackman, un géni de l’objectif mais aussi véritable tortionnaire avec ses assistants. « Sackman était difficile. La majorité de ses assistants abandonnaient au bout d’une semaine. Mais son approche sans cesse renouvelée m’appris beaucoup de choses » confie Paolo Roversi. Ce duo de choc fait naître des miracles de simples appareils. Pendant 9 mois, Paolo Roversi endure Sackman, qui s’assouplit face à ce talentueux jeune homme. Peu démonstratif, l’homme n’a pas pour habitude de complimenter, toutefois son sourire discret sera pour Paolo Roversi le signe d’un futur prometteur.
Paolo, l’as du polaroïd
Enrichi de toutes ces expériences, Paolo Roversi décide l’année de ses 27 ans de se jeter seul dans ce monde de paillettes. Elle, Marie Claire, Depeche Mode, il commence à accumuler les petits contrats et signe enfin en 1980 son premier cachet avec une grande marque de luxe. Impressionné par le travail de ce jeune italien, Christian Dior lui donne carte blanche pour sa nouvelle campagne publicitaire. Décidé à réutiliser l’arme de son enfance, le fameux polaroïd, il crée un univers teinté d’humanité et de douce fragilité pour ce couturier de renom.
Convoité par un travail hors norme
Bientôt il sera l’auteur des catalogues de Comme des garçons, Yohji Yamamoto, Romeo Gigli, et réalise en parallèle des shootings aux quatre coins de la planète. Tous ses sujets, réunis dans une multitude d’ouvrages, seront honorés par de nombreux prix. Créant une véritable émulsion pour le polaroïd, Paolo Roversi est l’initiateur d’une photographie immédiate, qui ne laisse pas le temps de penser. Ses clichés sont spontanés, ils veulent capter tout, tout de suite, sans attendre. Une fraicheur qui va le faire travailler Christian Lacroix, Cerruti mais aussi Alberta Ferretti. Potion subtile et mystérieuse, Paolo Roversi laisse une trace indélébile à chacun de ses passages. Amoureux des vibrations qui peuvent s’échanger entre deux êtres humains, il opte souvent pour un léger flou qui laisse filtrer comme une forme d’aura, de chromatique particulier.
Paolo Roversi est un homme qui parvient à rendre ses créations plus qu’humaines, attachantes. Attentif aux gens, il leur associe immédiatement une couleur, un ton qui se retrouvera dans ses clichés. Pour lui, la photographie doit être intimement liée à la force intérieure de son modèle, sinon il considère que ce n’est pas réussi. « La photographie et la femme ne doivent faire qu’un. On doit sentir l’envoutement avec lequel chacun se lie à l’autre. » Un forme de sorcellerie artistique en quelques sortes.
- Pays Italie
- Date de naissance 25 septembre 1947
- Site officiel www.tomford.com/




