Alors que la vague "preppy" n'en finit plus de déferler, cette saison on passe dans la classe supérieure en étendant ses références aux codes des étudiants de L’Ivy League.
Pour les élèves de classe préparatoire – d’où vient le nom ‘preppy’ – l’Ivy League, c’est le St Graal, les 8 universités américaines les plus prestigieuses où celui qui y passe trace d’entrée son avenir sur la voie royale. Un euphémisme donc de dire qu'on est ?er de parvenir à y entrer ; une illusion de croire que l’on ne va pas le montrer. On af?che donc ?èrement sur ses vêtements les couleurs et symboles de ces universités centenaires. Et on respecte la tradition pour signi?er qu’on ‘en est’, sans équivoque possible.
Des Années 30 où on parlait de style ‘Joe College’ à aujourd’hui, les bouleversements dans le look de ces étudiants sont ténus, les grands classiques demeurent. Parmi la garde-robe idéale : une chemise Oxford, un polo, un pantalon chino, des penny loafers qu’on porte sans chaussette, un cardigan torsadé à l’encolure rayée et une veste teddy. A porter avec nonchalance of course, quand on est Ivy Leaguers, on a ça dans le sang – ou du moins le fait-on croire.
Evidemment le propos mériterait d’être nuancé, les 20000 étudiants d’Harvard entre autres ne se promenant pas systématiquement en pantalon beige. Mais nous ne le ferons pas. Car c’est justement cette image caricaturale et aspirationelle, plutôt masculine, ce look anti-tendances où la frivolité n’a pas sa place, qui inspire les collections. Pile dans l’air du temps de cette mode low-pro?le qui sévit depuis plusieurs saisons.
Kitsuné les premiers baptisent leur collection ‘Ivy League’, comme ça au moins on est sûr de ce dont on parle : chemises oxford, cardigans à encolure châle, veste à blason et passepoil contrasté, et même manteaux de fourrure, pièce moins connue mais tout de même caractéristique de ce vestiaire.
S’ils jouent carte sur table, d’autres préfèrent les évocations, mais quoi qu’il en soit, tous les niveaux de gamme s’y sont mis. Ici une paire de penny loafer, là un chino pant et on ne compte plus les modèles de Teddy qui envahissent les lignes. Même l’Université d’Harvard - pourtant pas forcément la première à qui on penserait en matière de dernières tendances - pro?te du mouvement pour sortir sa propre ligne, ‘Harvard Yard’ ! Pour adopter ce look, il faut avoir correctement intégré l’imaginaire qu’il véhicule. Pour résumer, la tradition – ‘Ivy’, c’est la traduction de ‘lierre’, en référence à celui qui pousse sur les bâtiments anciens - et la respectabilité – ‘je m’habille comme mon père (spirituel ou réel) puisque je veux devenir comme lui’. Si on a besoin d’inspiration... On pense Ralph Lauren et Tommy Hil?ger... et si on ne se rappelle pas à quoi ça ressemble, on visite les deux ?agships récemment ouverts à Paris.
On copie les photos de « Take Ivy » de Kazuhiro Ashizawa qui illustrent les campus de l’Ivy League pendant les 60?s. Comme les rumeurs racontent que le premier tirage est la bible de Ralph Lauren - même si techniquement on n'a pas été véri?er - on peut y aller sans crainte.
On regarde comment les étudiants de la non officielle ‘Black Ivy League’ interprètent ces codes, pour y rajouter le décalage qu’il faut.
Et si vous n’y êtes pas encore, repensez au look que vous auriez détesté avoir au collège.
Ca y est, on s’est compris.
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