En quelques saisons, le caban, la marinière, les pulls marins à la St James ou S.N.S Herning sontrevenus sur le devant de la scène, en même temps que les Sebago et les Timberland. Desvêtements sérieux, testés et approuvés par les travailleurs, usés par la mer et les travaux physiques. Un privilège donné à la qualité et au savoir-faire traduisant aussi l’envie d’une mode moins éphémère, réflexe classique d’une période post-crise où l’anti-consumérisme est une valeur en vogue.
On vous avait prévenu, cette saison, tout change, rien ne change. On met la marinière de côté - l’excès de rayures de la saison passée n’y est sans doute pas étranger – mais on garde l’envie d’une mode ‘brute’; et si la mer avait la primeur les saisons dernières, cette année, ce serait plutôt les terres : Canada, USA, Europe du Nord, forets, lacs, chalets et compagnie.
Dans cet esprit bûcheron, l’un des manteaux phare de la saison devient logiquement la canadienne. Déjà aperçue chez quelques marques - Surface to Air, entre autres - l’hiver passé, elle est désormais omniprésente, telle que ou détournée. On la choisit en toile sable, avec les boutons en cuir tressé et on fait attention à ne pas tomber dans l’écueil : ‘Je veux féminiser ma veste d’homme’ qui nous ferait acheter les immanquables déclinaisons trop cintrées ou aux details mignons’ que certaines marques ne manqueront pas de nous sortir.
Si on choisit une veste de bucheron, on ne fait pas dans le ‘mignon’ : pas trop large, légèrement fittée, esprit ‘je l’ai emprunté à mon mec’ - un mec qui ferait notre taille de préférence - ok. Mais pas d’exubérance. On peut la choisir doublée de peau de mouton, ce qui nous permettra atteindre avec une pièce le quota nécessaire de cette matière pour la saison. Parce qu’on aura beau tout tenté, on ne passera pas à côté du ‘shearling’ (la peau de mouton retournée). Mieux que les idées mode de certaines saisons qui nous ont fait porter des trucs légers en plein hiver - mais si, si, je t’assure, la chemise en soie c’est hyper chaud - cette année on ne devra pas trancher entre le look et la pneumonie.
Alors, sur quelle pièce on le joue ? sur les chaussures et vestes principalement. Que celles qui pensent qu’elles pourront profiter de son retour pour ressortir leurs UGG shoes arrêtent leur mouvement à mi-chemin et les laissent dans le placard, elles y sont très bien. Par contre, en veste chez Zara, en perfecto chez Acne, en canadienne chez Sandro, en boots chez APC, en cache-oreille chez Oysho, en perfecto chez Jérôme Dreyfuss, les choix ne manqueront pas. Attention, ce n’est clairement pas un phénomène de niche. Alors à adopter maintenant car ça ne durera pas très longtemps - overdose oblige.
Les carreaux des saisons précédentes existeront toujours, puisque dans la plus pure coherence avec ce style mais on leur préfèrera une version ‘maxi’, en laine, pour renouveler l’idée. Comme le vieux plaid à côté de la cheminée transformé en jupe, version chic.
On assortira le tout à un pantalon en velours ou à un jean, plutôt droit, esprit ‘déjà porté mais pas usé’ à la Current Elliot - X Marni si possible - genre ‘j’ai coupé quelques buches mais je n’ai pas abimé mon jean pour autant’. Et pour décrypter l’envers du décor de l’industrie du denim chic, on en profitera pour regarder le documentaire ‘blue gold’ – prévu pour 2011 - sur la ruée vers l’or bleu, ces marques qui parcourent le monde à la recherche du délavage parfait.
Ca y est, c’est vraiment l’hiver, qu’on se le dise.
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